Étanchéité, tirage au vide, charge, puis contrôle des critères de charge : la mise en service se joue dans cet ordre, et chaque étape a ses pièges. Voici la méthode suivie sur l’installation pédagogique, avec les calculs qui évitent de chercher une fuite qui n’existe pas.
- Contrôler l’étanchéité à l’azote.
- Tirer au vide.
- Charger en fluide frigorigène.
- Vérifier les critères de charge.
- Savoir lire les mesures en cas d’anomalie.
1. Étanchéité : sous azote, le plus tôt et le plus longtemps possible
Mettez le circuit sous azote dès qu’un réseau est terminé, avant de passer à l’électricité. Le temps de câbler, l’azote reste en pression et le test gagne en fiabilité. (vidéo 1, 0:35)
La pression d’essai dépend du composant le plus faible. Dans la vidéo, le pressostat BP limite le circuit complet à 17 bar, comme la plupart des manomètres BP. La méthode :
- raccordez la bouteille d’azote par son détendeur et le manifold, avec une vanne quart de tour ;
- vanne d’aspiration fermée à l’avant pour protéger le mano BP, vanne de départ liquide ouverte ;
- ouvrez l’électrovanne liquide : bobine alimentée, ou aimant d’ouverture à la place de la bobine ;
- montez tout le circuit à 17 bar maximum ;
- pour aller plus haut côté HP, isolez la partie BP (électrovanne fermée), puis montez la HP. En pratique, on vise la pression de déclenchement du pressostat HP de sécurité. (vidéo 1, 7:54)
À retenir. Notez la pression ET la température extérieure au moment de la mise sous pression. Sans la température, une baisse de pression le lendemain matin ne prouve rien.
La correction se fait avec les pressions absolues et les températures en kelvins :
P2 = P1 × T2 / T1
Exemple de la vidéo (vidéo 2, 0:37) : mise sous pression par 30 °C, relevé le lendemain par 20 °C.
| Côté | Pression à 30 °C | Attendue à 20 °C | Baisse normale |
|---|---|---|---|
| BP | 16,5 bar rel. (17,5 abs.) | 15,9 bar rel. | 0,6 bar |
| HP | 22 bar rel. (23 abs.) | 21,2 bar rel. | 0,8 bar |
Une baisse de cet ordre n’est pas une fuite. Le contrôle immédiat se fait à l’eau savonneuse. Le contrôle dans le temps se fait sur l’évolution des pressions corrigées.
2. Tirage au vide : descendre sous la tension de vapeur de l’eau
L’objectif n’est pas « faire le vide » mais vaporiser l’eau présente dans le circuit pour l’extraire. Il faut donc descendre sous la pression de vapeur saturante de l’eau à la température de l’atelier : environ 2 300 Pa à 20 °C. (vidéo 2, 3:25)
- Pompe à vide sur le manifold, vannes d’aspiration et de liquide ouvertes, électrovanne ouverte.
- Le manomètre ne convient pas : mesurez avec un vacuomètre gradué en pascals.
- Laissez tirer le plus longtemps possible.
Erreurs fréquentes. Arrêter le tirage dès que l’aiguille du manifold est en bas. En hiver, dans un atelier froid, la pression à atteindre est encore plus basse.
3. Charge : en liquide, en pesant
Le mode de charge dépend du fluide (vidéo 3, 1:13) :
| Fluide | Règle |
|---|---|
| Mélanges zéotropes (série R4xx) | Toujours en phase liquide, pour ne pas changer la composition |
| CO2 (R744) | Casser le vide en vapeur jusqu’au-dessus du point triple (5,2 bar) avant d’introduire du liquide, pour ne pas former de glace carbonique |
| Ammoniac et fluides particuliers | Procédure spécifique, selon la norme et le constructeur |
La procédure : pesez la bouteille, raccordez-la au manifold, purgez, puis chargez en liquide par la HP, compresseur à l’arrêt. Quand les pressions s’équilibrent, terminez par la BP, compresseur en marche, avec un débit faible pour ne pas envoyer de liquide au compresseur. La masse chargée est la différence de poids de la bouteille, à reporter sur la fiche d’intervention. (vidéo 3, 2:20)
4. Critères de charge
Une fois la charge faite, mesurez la BP, la HP, les températures de sortie condenseur et de sortie évaporateur, et l’intensité absorbée. (vidéo 4)
- Condensation : environ la température extérieure + 10 à 15 K. Par 28 °C extérieur, on attend 38 à 43 °C.
- Sous-refroidissement : il dépend de la température extérieure et peut être presque nul en hiver. Seul, ce n’est pas un critère fiable.
- Surchauffe fonctionnelle : de l’ordre de 5 K.
- Intensité absorbée : comparez-la à la donnée du compressoriste pour le fluide et le régime (exemple de la vidéo : un compresseur Copeland au R449A, −10 / +45 °C).
Erreurs fréquentes. Oublier le glissement des mélanges zéotropes. Avec un R449A, la température de bulle et la température de rosée diffèrent de plusieurs kelvins. Une surchauffe calculée depuis la mauvaise température peut sembler correcte alors qu’elle ne l’est pas. Lisez la température de rosée pour la surchauffe, et la température de bulle pour le sous-refroidissement. (vidéo 4, 6:38)
5. Lire les mesures en cas de panne
La dernière vidéo de la série croise les mesures pour poser un diagnostic. (vidéo 5)
| Symptôme | BP | HP | Sous-refroidissement | Surchauffe | Intensité |
|---|---|---|---|---|---|
| Manque de fluide | basse | basse | faible | élevée | faible |
| Surcharge | — | haute | élevé | faible | élevée |
| Manque d’échange évaporateur (givre, huile) | basse | basse | — | — | faible |
| Manque d’échange condenseur (encrassement) | — | haute | normal | normale | élevée |
« — » : la vidéo ne donne pas de tendance nette pour cette grandeur. La différence entre surcharge et condenseur encrassé se lit sur le sous-refroidissement : il monte en cas de surcharge, il ne bouge pas quand c’est le condenseur.
À retenir
- Azote d’abord, électricité ensuite : le temps de câblage sert de durée de test.
- Pression ET température notées, correction en absolu et en kelvins.
- Vide mesuré au vacuomètre, sous la tension de vapeur de l’eau.
- Charge pesée, en liquide pour les mélanges, avec un débit faible côté BP.
- Un diagnostic se pose sur plusieurs mesures croisées, jamais sur une seule.
Pour aller plus loin : la vidéo masse de fluide / volume de bouteille HP.
