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Réglementation, fluides et cycles

F-Gas 3, EN 378 et fluides A2L/A3 : ce qui change pour l'installateur

21 octobre 2026 · 6 min de lecture · d'après les vidéos de la chaîne

Vignette de la vidéo▶

Avec le règlement F-Gas 3 de 2024, les HFC à fort GWP disparaissent pour de bon. Les fluides qui les remplacent sont presque tous inflammables (A2L ou A3), sauf le CO2. Contrôles d’étanchéité, charges maximales, zones ATEX : le point sur les règles qui encadrent aujourd’hui une intervention.

1. Les classes de sécurité : lire A2L comme il faut

Chaque fluide reçoit une lettre pour la toxicité (A faible, B forte) et un chiffre pour l’inflammabilité. (vidéo A2L/A3, 2:11)

ClasseSignificationExemples
A1Faiblement toxique, non inflammableCO2 (R744), HFC classiques
A2LFaiblement toxique, légèrement inflammableR32, R1234yf, R1234ze, R454C, R455A
A3Faiblement toxique, fortement inflammablePropane (R290), isobutane (R600a)
B2LToxique, légèrement inflammableAmmoniac (R717)

Un fluide est classé 2L si sa limite inférieure d’explosivité dépasse 3,5 %, si sa chaleur de combustion reste sous 19 MJ/kg et si sa vitesse de combustion ne dépasse pas 10 cm/s. Au-delà de 10 cm/s, il passe en classe 2. Sous 3,5 % de LIE ou au-dessus de 19 MJ/kg, il est en classe 3. (3:15)

À retenir. Sous 150 de GWP, presque tous les fluides disponibles sont A2L ou A3. Le CO2 est quasiment le seul A1 qui reste.

2. Pourquoi ça presse : GWP, TEWI et phase-down

Le GWP exprime l’effet de serre d’un kilo de fluide en kilos de CO2. Un kilo de R404A relâché, c’est environ 4 tonnes équivalent CO2 : autant qu’une voiture à 100 g/km sur 40 000 km. (vidéo F-Gas, 4:26)

Le TEWI additionne l’effet direct (fuites, démantèlement) et l’effet indirect (électricité consommée) d’une installation sur toute sa durée de vie :

TEWI = GWP × L × n + GWP × m × (1 − α récup) + n × E annuelle × β

L : fuites annuelles (kg), n : durée de vie (ans), m : charge (kg), α : taux de récupération en fin de vie, E : consommation annuelle (kWh), β : émissions de CO2 par kWh électrique.

Le phase-down réduit chaque année les quantités de HFC mises sur le marché, par rapport à la référence 2015. F-Gas 2 (2014) visait 21 % en 2030. F-Gas 3 (2024) durcit la trajectoire et descend à 0 en 2050. Les HFO ne sont pas concernés par le phase-down. (24:37)

Côté interdictions, les centrales frigorifiques centralisées à partir de 40 kW ne peuvent plus recevoir de fluide de GWP ≥ 150 depuis le 1er janvier 2022 (sauf circuit primaire de cascade). (24:00)

3. Contrôles d’étanchéité et obligations

Pour les HFC, la fréquence dépend de la charge en tonnes équivalent CO2 (masse × GWP). (14:29)

Charge (t éq. CO2)Sans détecteur fixeAvec détecteur fixe
5 à 5012 mois24 mois
50 à 5006 mois12 mois
500 et plusdétecteur obligatoire6 mois

Les équipements hermétiquement scellés sont dispensés jusqu’à 10 t éq. CO2, soit un peu plus de 2 kg de R404A. F-Gas 3 étend les contrôles aux HFO, dont la charge s’exprime en kilos. (21:42)

Ce qu’il faut savoir sur le terrain :

  • Détecteurs : sensibilité de 5 g/an pour un détecteur portable, 10 ppm pour un détecteur fixe. Un détecteur fixe se place à 20 cm du sol pour les fluides plus lourds que l’air (HFC, HFO, CO2), en hauteur pour l’ammoniac.
  • Étiquette : elle indique le mois et l’année de la prochaine intervention, avec le numéro d’attestation de capacité.
  • Fuite détectée : réparation « dans les meilleurs délais » avec F-Gas 3 (au lieu de 4 jours ouvrés). Nouveau contrôle après au moins 24 h de fonctionnement, et au plus tard un mois après la réparation.
  • Registre de l’équipement : conservé 5 ans.
  • Déclaration en préfecture : toute fuite de plus de 20 kg en une fois, ou de plus de 100 kg cumulés sur l’année.
  • Sanctions : contraventions de classe 3 (fiche d’intervention absente, achat de fluide sans attestation…) et de classe 5 (dégazage volontaire, recharge d’une installation qui fuit sans réparation…), multipliées par 5 pour une personne morale.

L’attestation d’aptitude du technicien existe en 4 catégories : 1 pour toute intervention quelle que soit la charge, 2 pour les installations de moins de 2 kg, 3 pour la récupération sur moins de 2 kg, 4 pour le seul contrôle d’étanchéité sans intervention sur le circuit. (13:22)

4. Fluides inflammables : l’analyse de risque devient systématique

Avec un A2L ou un A3, la directive ATEX impose deux types de mesures. (vidéo A2L/A3, 4:54)

  • Mesures techniques : éviter la formation d’une atmosphère explosive, sinon supprimer les sources d’inflammation, sinon limiter les effets (extinction, découplage, compartimentage coupe-feu).
  • Mesures organisationnelles : formation et signalisation, pour réduire la probabilité de l’accident.

L’analyse se fait sur une matrice probabilité × gravité : on agit sur l’une ou l’autre pour revenir dans la zone acceptable. Une installation frigorifique relève en général de la zone ATEX 2 : présence de gaz seulement en cas de dysfonctionnement.

Autour des tuyauteries, un rayon d’exclusion de 1 à 10 m s’applique selon le diamètre, la puissance, l’emplacement (intérieur ou extérieur) et la classe du fluide. Pour un chiller au R290 installé dehors, il va de 2 à 10 m selon la puissance. (9:25)

5. Charge maximale selon l’EN 378

L’EN 378 fixe la charge maximale à partir de trois données : la catégorie d’accès du local (a : général, b : surveillé, c : réservé), l’emplacement du système, et la toxicité et l’inflammabilité du fluide. On retient le cas le plus défavorable. (9:57)

Deux exemples calculés avec l’application Climalife dans la vidéo :

CasRésultat
Chiller R290 en extérieur, accès réservéPas de limite de charge, avec un rayon d’exclusion adapté
Vitrine R290 hermétique dans un magasin (ERP, accès général, 25 m × 5 m de haut)Environ 150 g maximum

Erreurs fréquentes. Appliquer à un fluide A2L les habitudes d’un A1. Un R32 ou un R454C impose une analyse de risque, un contrôle de la charge maximale et des outils adaptés, même si le fluide « brûle mal ».

6. Et la DESP ?

La directive des équipements sous pression concerne les récipients, tuyauteries et accessoires dont la pression maximale admissible dépasse 0,5 bar. La catégorie (article 4.3, puis I à IV) dépend du groupe de fluide et du produit pression × volume (ou pression × diamètre pour une tuyauterie). (vidéo DESP)

  • Groupe 1 (dangereux) : ammoniac, propane, R32, R1234yf…
  • Groupe 2 : HFC de classe A1 et CO2.

Selon l’EN 378, pour un climat jusqu’à 32 °C extérieur, la pression de calcul correspond à la saturation à 55 °C côté HP et à 27 °C côté BP. Toute modification (retrofit, récupération de chaleur, ajout d’un équipement) peut entraîner une nouvelle épreuve ou une requalification.

À retenir

  • Le CO2 reste le seul A1 courant sous 150 de GWP : tout le reste demande une analyse de risque.
  • F-Gas 3 durcit le phase-down jusqu’à 0 HFC en 2050 et étend les contrôles aux HFO.
  • Après une réparation, le contrôle d’étanchéité se fait après 24 h de fonctionnement, pas le jour même.
  • La charge maximale se calcule avant de choisir le fluide, pas après.

Pour aller plus loin : la série « projet réglementation » (F-Gas et EN 378, DESP, électricité, intégration).

#F-Gas #EN 378 #A2L #A3 #ATEX